Les témoignages
Les témoignages rassemblés ici sont le reflet de la diversité des situations de citoyens victimes de dysfonctionnements de l’Institution judiciaire. Ce sont des expériences vécues, racontées parfois avec des mots qui peuvent choquer, par des victimes qui ne sont pas sorties indemnes des épreuves traversées : la difficulté d’obtenir un jugement équitable, une prise en charge médicale et psychologique adéquate, l’impression de ne pas être pris au sérieux, l’incompréhension parfois de l’entourage ou des services judiciaires…
Certains de ces témoignages sont révélateurs de ce qui peut se passer dans le pire des cas : un sentiment d’abandon et une perte de confiance dans la justice. Si vous souhaitez vous aussi témoigner, n’hésitez pas à contacter l’association.
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01/2012 | Droits et libertés
Sylvia
Sylvia a été agressée et violée sous la contrainte d’un couteau en 2004, alors qu’elle faisait son jogging. Elle est passée à deux doigts de la mort et n’a dû sa survie qu’à un sang-froid exceptionnel.
Son agresseur, Alain Pénin, a été condamné en 2006 par la cour d’assises des Hauts de seine à 10 ans de prison ferme. Mais après 4 ans et demi passés derrière les barreaux, la Justice a décidé de le libérer, malgré les alertes répétées de Sylvia sur la dangerosité de son agresseur. Moins d’un an après sa libération, il a été arrêté pour le viol et le meurtre de Natacha Mougel qui faisait elle aussi un jogging dans sa ville à Marc en Baroeul.
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12/2011 | Droits et libertés
Florence Vachez Bréger
Aude Vachez, sœur de Florence Vachez Bréger est morte le 23 octobre 2005 à Châteaubriant asphyxiée sous sa voiture, renversée par le tracteur que conduisait son ancien compagnon.
Alors qu’en première instance l’accusé a été condamné en 2009 à 8 ans de prison pour violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort, il a été récemment acquitté par la cour d’appel de Rennes qui n’a retenu que la thèse de l’accident malgré les expertises démontrant le contraire.
Aujourd’hui Florence comme beaucoup de victimes est démunie et fait face à l’impossibilité de faire appel de cet acquittement.
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11/2011 | Récidive
Claude Girard
Nathalie, fille de Monsieur Girard, disparaît mystérieusement avec son compagnon en novembre 1997. Pourtant, rien ne portait Nathalie à disparaître. Radieuse et épanouie, elle s’apprêtait avec son compagnon à vendre l’établissement le New Love (une auberge/boîte de nuit) où ils résidaient.
Monsieur Girard, inquiet de cette disparition soudaine, alerte les autorités qui ne prennent pas au sérieux cette affaire car Nathalie était majeure au moment des faits. Mais étrangement, suite à la disparition du couple, un certain Alfredo Stranieri a pris rapidement possession du New Love alors que toutes les affaires du couple sont encore là. En guise d’explication, Alfredo Stranieri prétend que le couple est parti momentanément. Monsieur Girard n’est pas convaincu de cette version des faits et a l’intime conviction que sa fille n’a pas pu fuir sans donner de nouvelles. Il poursuit donc seul son enquête face à l’indifférence du système judiciaire.
Au départ, Monsieur Girard pense que le compagnon de sa fille est à l’origine de sa disparition mais, avec les mois qui passent, il rassemble des preuves qui le persuadent qu’Alfredo Stranieri n’est pas totalement étranger à cette affaire. Monsieur Girard s’acharnera seul pendant toute l’année 1998 pour élucider la vérité. Il faudra une tentative d’assassinat supplémentaire et un double meurtre impliquant Alfredo Stranieri pour que la Justice s’intéresse de près à l’affaire Nathalie Girard.
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08/2011 | Droits et libertés
Stephan Pascau
Eliane Ricaud, 66 ans, a été abattue d’un coup de fusil par son époux Eugène Ricaud le 17 novembre 2005, pour des raisons de jalousie et de frustration inhérentes au vieillissement et au caractère ténébreux d’un homme plus âgé que son épouse.
Reconnu responsable pénalement par la Cour d’assises, Eugène Ricaud a été condamné en mars 2009 à 5 ans d’emprisonnement avec sursis. La peine peut paraître faible mais elle sera expliquée et, bien que le prévenu n’ait jamais passé un seul jour en prison, Stéphan Pascau, le fils d’Eliane, n’a pas contesté cette décision de justice.
En revanche, ce que Stéphan Pascau n’a jamais accepté, c’est qu’il a dû se battre seul, pour éviter un non-lieu et établir l’entière responsabilité pénale d’Eugène Ricaud, contre certaines expertises psychiatriques inconsistantes et complaisantes envers l’assassin.
Pire encore, sur le plan civil, le meurtrier de la mère de Stéphan Pascau a profité de nombreux avantages et de bénéfices suite au décès de sa femme, en particulier la pension de réversion de sa victime, et un droit à l’héritage, alors que le fils de la victime s’est ruiné en frais de Justice.
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07/2011 | Application des peines
Pauline Vela
Pauline Vela et son compagnon de l’époque Jonathan se sont fait agresser sans raison à l’arme blanche en 2006 à Bordeaux par deux jeunes délinquants alors qu’ils rentraient chez eux. Jonathan a reçu au total 7 coups de couteaux qui auraient pu sans l’intervention de Pauline lui être fatal.
Cette affaire est passée en cours d’assises en 2009, car les deux agresseurs ont été jugés pour homicide involontaire. L’agresseur de 19 ans a été condamné seulement à 5 ans de prison ferme car il était récidiviste. Il va bientôt être libéré. Celui de 20 ans (l’agresseur de Pauline Vela) a été condamné à 5 ans de prison dont 3 ans de mise à l’épreuve, car les juges ont trouvé dommage de mettre en prison quelqu’un qui avait un emploi.
L’agresseur de Pauline Vela devait l’indemniser à hauteur de 3000 euros, une infime somme par rapport au préjudice suivi. Il ne s’est jamais acquitté de sa dette.
Pauline Vela est aujourd’hui traumatisée, suivie par un psychiatre à ses frais et ne comprend pas pourquoi elle n’a toujours pas été indemnisée ni par son agresseur ni par la Justice.
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10/2010 | Droits et libertés
Charlotte Bouverat
Charlotte, âgée de 25 ans a été agressée sexuellement en novembre 2008 en sortant du métro. Depuis deux ans, à chaque fois qu’elle sort de chez elle, ce n’est donc qu’une fois la porte de son immeuble passée et le seuil de son appartement franchi, qu’elle se sent à nouveau en sécurité.
Mais il y a quelques mois cette semi-sécurité a pris fin. Charlotte a d’abord vu et cru reconnaître son agresseur dans ses escaliers. Quelques jours après, elle le reconnaît formellement et le croise à nouveau dans la rue et dans son propre immeuble.
Après enquête il s’avère que son agresseur habite bel et bien son immeuble. Pire, il vit au-dessus de chez elle, dans l’appartement de ses grands-parents. Et il avait déjà été condamné en mars 2009 pour une série d’agressions sexuelles dans le métro parisien.
Mais le 30 septembre 2010, la Justice ne contraint pas cet agresseur à quitter son appartement, comme si son bien-être était plus important que celui de Charlotte, la victime.
L'Institut pour la Justice a donné la parole à Charlotte :
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12/2009 | Psychiatrie
Michel Trabuc
Germain Trabuc a été assassiné en 2004 par un schizophrène, interné trois ans plus tôt pour avoir commis une tentative d’assassinat et d’incendie volontaire. Après avoir bénéficié de plusieurs autorisations de sortie temporaire, il s’était enfui de l'hôpital, pour finalement tuer Germain Trabuc trois semaines plus tard.
Michel Trabuc, son fils, s’est battu pour que la justice reconnaisse la faute de l’hôpital, qui n’a pas pris les mesures de surveillance adaptées malgré le lourd passé psychiatrique de l’agresseur.
Aujourd’hui, il ne veut pas en rester là et demande une véritable sécurisation des hôpitaux psychiatriques pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
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11/2009 | Droits et libertés
Monsieur et Madame Bourson
Depuis l’assassinat de leur fils William, Serge et Hélène Bourson consacrent l’essentiel de leur temps à combattre les manquements de la justice.
Courageux, ils s’appliquent à mettre en pleine lumière des vérités qui dérangent. Ils multiplient, sans faillir, démarches officielles et requêtes.
Leur espoir est que cela serve à d’autres victimes du système judiciaire qui, comme eux, luttent pour la reconnaissance de leurs droits. Ils agissent aussi pour qu'un tel drame ne se renouvelle pas et que tous les coupables soient punis à hauteur de leur responsabilité.
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11/2009 | Droits et libertés
Michèle Bidart
En décembre 2008 la Cour d’assises de la Marne a acquitté un homme poursuivi pour viol aggravé d’un jeune homme handicapé, sans que le Parquet ne fasse appel de cette décision alors que le Procureur avait requis 15 ans.
Le fils de M. et Mme Bidart, autiste majeur, n’a plus aucun recours possible contre son agresseur; la loi ne prévoyant pas de droit d’appel pénal pour les victimes.
Mme Bidart rejoint notre Collectif de victimes et témoigne de cet outrageant dysfonctionnement de la Justice.
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11/2009 | Droits et libertés
Jean-Pierre Marini, président de "Droits et libertés"
Jean-Pierre Marini est président de l’association Droits et Libertés qui lutte contre toutes les formes d’injustice. A travers son propre témoignage, il analyse les dérives de la justice familiale. Mais au-delà, il s’interroge aussi sur la réalité de l’ « État de droit » et sur les origines des dysfonctionnements de la justice.





