Les témoignages
Les témoignages rassemblés ici sont le reflet de la diversité des situations de citoyens victimes de dysfonctionnements de l’Institution judiciaire. Ce sont des expériences vécues, racontées parfois avec des mots qui peuvent choquer, par des victimes qui ne sont pas sorties indemnes des épreuves traversées : la difficulté d’obtenir un jugement équitable, une prise en charge médicale et psychologique adéquate, l’impression de ne pas être pris au sérieux, l’incompréhension parfois de l’entourage ou des services judiciaires…
Certains de ces témoignages sont révélateurs de ce qui peut se passer dans le pire des cas : un sentiment d’abandon et une perte de confiance dans la justice. Si vous souhaitez vous aussi témoigner, n’hésitez pas à contacter l’association.
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10/2009 | Application des peines
Aïcha Nemouche
Aïcha Nemouche et son mari sont, comme les autres membres du Collectif Victimes de l'Institut pour la Justice, doublement victimes.
Victimes d'un drame, la perte de leur fille, assassinée par un récidiviste. Mais victimes également du système judiciaire.
Parce que l'agresseur de leur fille, libéré au bout de 7 ans après avoir été condamné à 15, aurait dû être en prison au moment des faits. Et parce que la procédure judiciaire, si longue et complexe, indifférente aux victimes, ne les a pas aidés à se reconstruire.
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08/2009 | Application des peines
Corinne Colin
Corinne Colin a vécu une histoire incroyable à cause d'une erreur de la Justice. Elle est restée prisonnière de son passé pendant 20 ans alors que son agresseur était libre.
Corinne Colin a été violée et prostituée par son beau-père, Daniel Gobet, dès l'âge de 8 ans et ce jusqu'à 14 ans. En 1988, son agresseur est arrêté mais remis en liberté après 8 mois de détention préventive pour " raisons de santé". Le magistrat chargé de l'affaire, Marie-Anne Gonnel, justifiera sa décision quelques années plus tard en précisant " qu'il est arrivé sur un brancard". Les vrais motifs de sa libération ne figurent pas dans le dossier, et le magistrat n'en a aucun souvenir... Daniel Gobet en profite pour disparaître. Les recherches restent vaines alors qu'il vit en toute liberté à moins de 100 kilomètres de sa victime !
En 1992, il est jugé par contumace pour viol en réunion et condamné à 20 ans de réclusion. La cavale de Daniel Gobet durera presque 20 ans ! Le 17 septembre 2007, il se livre à la justice pour "régler cette affaire", convaincu que les faits sont prescrits. Il ignore, en réalité, qu'il a été condamné en 1992 et que la prescription ne se sera acquise qu’en 2012. L'année dernière, Daniel Gobet est condamné à 14 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de l'Essonne, pour viol, complicité de viol en réunion et abus sexuel sur mineurs. Il est enfin incarcéré. Corinne Colin a vécu toutes ces longues années dans la crainte de voir surgir son agresseur, prisonnière de son angoisse, pendant que son agresseur, lui, se construisait, en toute impunité, une nouvelle vie. Aujourd’hui elle en demande réparation à la Justice.
Corinne Colin a, récemment, crée une association à l'écoute des victimes d'abus sexuels « vaincre le silence » et a souhaité s'investir davantage. Elle rejoint notre collectif des victimes et apporte son témoignage.
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01/2009 | Psychiatrie
François Boiron
Le 12 novembre, un étudiant a été mortellement poignardé en plein centre ville de Grenoble par un schizophrène échappé d'un hôpital psychiatrique. Ce drame fait suite à de nombreux autres cas, tels que le double meurtre de deux aides-soignantes à Pau en 2004 par Romain Dupuy. On ne sait pas encore si le meurtrier présumé du jeune étudiant de Grenoble pourra être jugé. Mais, dans cette affaire, des erreurs ont été commises, ne serait-ce que sur le plan de la surveillance. Le directeur de l’hôpital psychiatrique de Saint-Egrève, près de Grenoble, Michel Gellion, a d’ailleurs été suspendu.
Après le meurtre de sa fille par un schizophrène en 2006, François Boiron souhaitait alerter l'opinion publique sur le danger que représente le placement de nombreux criminels, déclarés irresponsables pénalement, dans des unités de soins peu surveillés. Déterminé à agir, François Boiron a rejoint le comité de parrainage de l'Institut pour la Justice. Coïncidence ? Nous l'avons interviewé quelques jours avant l'affaire de Grenoble.



