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Récidive sexuelle : l'Institut pour la Justice mobilisé suite au meurtre de Natacha

L'Institut pour la Justice a vivement rappelé dans les médias que ce drame n'est pas dû à "la faute à pas de chance" et a fait valoir ses propositions pour que ces tragédies ne se reproduisent plus.

Le 6 septembre 2010, Natacha est sauvagement assassinée alors qu’elle était simplement sortie faire son jogging. Le meurtrier présumé, Alain Pénin, avait été condamné à 10 ans de prison en 2006 pour le viol de Sylvia, sous la menace d’un tournevis. Lorsque Sylvia a appris que son agresseur allait bénéficier d’une libération anticipée, elle a déménagé, certaine qu’il allait récidiver.

L’Institut pour la Justice pointe la responsabilité du système judiciaire…

L’Institut pour la Justice a immédiatement réagi pour condamner les failles du système judiciaire dans cette affaire. Par voie de communiqué de presse, l’association a pointé du doigt la triple responsabilité du gouvernement, des magistrats et des psychiatres :

- Le gouvernement, derrière une fermeté affichée (cf. discours de Grenoble du Président de la République), encourage dans ses actes la libération anticipée des détenus ;

- Les magistrats ont tendance à privilégier l’intérêt du détenu au détriment de celui de la victime et de la société ;

- Les psychiatres, non formés à la criminologie, réalisent trop souvent des évaluations de mauvaise qualité.

… et le fait savoir dans les médias

Aussitôt, Marc-Olivier Fogiel, sur Europe 1, a opposé le diagnostic de l’Institut pour la Justice à Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats (réécouter l’interview dans laquelle ce magistrat est amené à reconnaître que « l’Institut pour la Justice pose une vraie question »).

Au micro de RTL, le délégué général de l’association a rappelé qu’il faut « arrêter de croire que le suivi socio-judiciaire seul peut être efficace contre la récidive ». C'est pourquoi l’exécution de la peine prononcée est la première condition d’une lutte efficace contre la récidive.

Invité sur Europe 1, dans l’émission de Wendy Bouchard le 8 septembre, l’IPJ a enfoncé le clou en s’élevant contre la désinformation entendue ces dernières 48 heures : « On a un criminel sexuel condamné à 10 ans en 2006 et dehors en 2009, et on nous dit que tout va bien » ; « Arrêtons de dire qu’il faut une libération anticipée pour suivre le condamné après sa peine. On peut attendre la fin de la peine et avoir un suivi ».

Des solutions simples et applicables proposées par l'IPJ

Le meurtre de Natacha n’est pas dû à la fatalité. Pour l’Institut pour la Justice, il existe des solutions simples, réalistes et validées par ses experts. Parallèlement à ses interventions dans les médias, l’IPJ a pris le temps de poser le problème très clairement. L’IPJ a réuni autour de la table, un psychiatre spécialisé dans le domaine pénitentiaire, un avocat et un expert en criminologie.

Pour l’association, il est urgent d’adopter deux mesures déjà réclamées lors de l’examen de la loi sur la récidive à l’hiver dernier :

1. Supprimer immédiatement les remises de peine automatiques (écouter l’interview sur Europe 1) pour permettre l’exécution intégrale des peines prononcées

2. Accroître, à leur sortie de prison, les mesures susceptibles de réduire le risque de récidive (bracelet électronique GPS et castration chimique)

Par ailleurs, une étude demandée par l’association à l’un des experts psychiatres de l’IPJ, Alexandre Baratta, sera prochainement publiée : « Evaluation et prise en charge des délinquants sexuels ».

Tant qu'aucune réforme sérieuse ne sera adoptée, l'Institut pour la Justice continuera sans relâche à oeuvrer contre le fléau de la récidive, et continuera son travail de fond de sensibilisation de la population et des responsables politiques.