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11/2008 | Nos communiqués associatifs
Pierre Bodein, le procès en appel d’un multirécidiviste
Accusé d'une série de trois meurtres, dont deux précédés de viol, et de deux tentatives d'enlèvement en juin 2004, Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", est rejugé en appel depuis mercredi 10 septembre par la cour d'assises des mineurs du Bas-Rhin. Il sait qu'il encourt la réclusion criminelle à perpétuité assortie de la peine de sûreté maximum, soit 30 ans.
Bodein toujours nié avoir tué ou violé Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, Julie Scharsch, 14 ans et Hedwige Vallée, 38 ans. Partiellement dénudés et atrocement mutilés, les corps avaient été retrouvés en juin et juillet 2004 dans la région de Barr et d'Obernai (Bas-Rhin), après d'intenses recherches.
Déjà condamné à huit reprises pour des vols, des violences, une tentative de meurtre et deux viols, Pierre Bodein était en liberté conditionnelle depuis trois mois. En raison de sa bonne conduite, de ses années de détention provisoire, de la confusion des peines ainsi que des remises de peine automatiques, il bénéficiait de la liberté sous contrôle judiciaire depuis mars 2004.
Les parents de Julie Scharsch, ont créé une fondation il y a quatre ans. Elle rassemble 8 000 personnes qui réclament un durcissement de la loi en matière criminelle.
A la tête de la Fondation Julie, Françoise Scharsch lutte contre les récidivistes depuis le meurtre de sa fille. Elle appelle à ce que les peines prononcées soient appliquées de façon stricte.
Le Figaro (le 14 septembre) a recueilli le témoignage de Françoise et Jean-Claude, son mari : « Dès qu'il y a atteinte aux personnes, la peine prononcée, y compris la perpétuité, doit être appliquée dans son intégralité. Bodein avait été condamné à un total de cinquante-quatre ans de prison. Il n'y est resté que quatorze ans. Tout le monde savait qu'il était dangereux et pervers ».
Ils questionnent :
« Qu'un tel individu reste derrière les barreaux toute sa vie, ça gêne qui ? Il faut qu'on construise des établissements avec du personnel spécialisé. Là, nous assumons le risque à la place de l'État et Jeanne-Marie, Edwige et Julie ont payé la note de leur vie... »
Leur demande, soulignent-ils, ne concerne qu'une minorité de criminels. Ceux qui ne peuvent se réinsérer. Une fois le verdict prononcé, les parents de Julie vont porter plainte contre l'État pour « dysfonctionnement du service public ». « Nous ne cherchons pas un coupable, assurent-ils, mais un juge l'a laissé sortir de prison en demandant un suivi, sans s'assurer qu'il soit respecté. Bodein faisait ce qu'il voulait. L'État doit prendre ses responsabilités. »
Condamné à la réclusion à perpétuité en première instance, le verdict est attendu à partir du 2 octobre.
Une réflexion sur le fonctionnement de la Justice criminelle apparait donc plus que jamais d’actualité. Certains textes de loi doivent être revus et corrigés afin de mieux protéger la population de notre pays des agissements criminels.
Il ne s’agit pas seulement de mettre en cause les magistrats qui ont fait bénéficier Pierre Bodein d’une libération conditionnelle au printemps 2004. Ceux-ci se sont contentés d’appliquer des dispositions légales en vigueur. Il s’agit surtout de contester ces dispositions légales, insuffisamment protectrices de nos concitoyens.

