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Pour en finir avec la récidive – le livre de Cynthia Sardou

Cynthia Sardou est journaliste, ancienne correspondante de Canal Plus aux Etats-Unis et fille du célèbre chanteur. La nuit du 24 au 25 décembre 1999, elle a été kidnappée et violée par trois criminels dont deux récidivistes. Elle a raconté son cauchemar et sa lente rédemption dans "Appelez-moi Li Lou".

Son nouvel ouvrage "Faut-il que je sois encore violée ?" est le récit d'une enquête sur notre système juridique, qui accorde tant d’indulgence aux criminels et trop peu d’attention aux victimes.

Livre de Cynthia Sardou

Elle constate d'abord que la justice a détruit la confiance qu'elle était censée instaurer et restaurer, en devenant synonyme d'insécurité. Cette insécurité est clairement ressentie au sein de l'opinion.

En effet, le citoyen ordinaire voit une réalité : de dangereux criminels sont remis en liberté et récidivent. Les agressions sexuelles commises par des récidivistes défrayent chaque semaine la chronique : du pédophile Francis Évrard à Andréas Pandy, de Guy Georges à Michel Fourniret, sans oublier les meurtres, non encore jugés d'Anne-Lorraine, de Susanna ou de Sophie.

Il suffit de prendre le journal Le Nouveau Détective, tant décrié par les âmes bien-pensantes. Il regorge d'exemples authentiques de sorties de prison catastrophiques, anticipées ou non, de criminels que la justice n'hésite pas à réintroduire dans la société, parmi des enfants qui constitueront autant de proies faciles pour les pédophiles.
Elle dénonce ensuite une magistrature irresponsable, lente et permissive, un soutien aux victimes médicalement et socialement indigent, une politique accablante, plus soucieuse de réduire les peines des délinquants que de protéger les citoyens, alors que cent prédateurs sont remis en liberté chaque année...

Cynthia Sardou s'interroge. Que se passe-t-il dans la tête des juges qui relâchent, même après l'expiration de leur peine, des criminels souvent lucides, cyniques et ouvertement déterminés à récidiver ?

Dans son livre, elle n'hésite pas à pointer du doigt les choix idéologiques de certains magistrats :"Pourquoi opter pour l'indulgence, pourquoi parier sur des perspectives optimistes, certes rassurantes et « humanistes », mais que les faits démentent? Faut-il que des innocents trinquent pour servir les idéaux d'une certaine gauche, plus préoccupée de contester le pouvoir en place que de défendre efficacement les citoyens ?"

Elle témoigne :

"J'ai dit plus haut que j'avais été surprise de constater, au cours du procès de mes violeurs, l'indifférence des magistrats et leur peu d'empressement à s'impliquer dans la défense des victimes. Je veux redire, et le marteler s'il le faut, le scandale que représente pour moi l'irresponsabilité d'un juge de l'application des peines qui se voile la face au point de reparachuter, dans la société, des délinquants dont il n'est pas difficile de prédire les futurs forfaits. (...) Je n'en démords pas : un juge ou un magistrat laxiste devient complice des agressions qu'il aurait pu prévoir. Trouve-t-il encore le sommeil ? Il est vrai que lui n'a été ni agressé, ni défiguré, ni violé, ni menacé de mort. Mais, s'agissant des autres, il serait bon qu'il cesse de jouer avec le feu!"

Une magistrate, juge d'application des peines depuis 10 ans, lui a pourtant fait cette confidence : « Un expert psychiatre ne peut pas garantir à 100 % la non-dangerosité, l'innocuité d'un criminel libéré. » Or deux des propres agresseurs de Cynthia Sardou étaient des récidivistes :

"Le « leader » a commis une agression sexuelle précédée de menaces de mort après mon viol. Il était emprisonné pour cette affaire quand la police l'a identifié. Le drame est que rares sont les inculpés qui purgent entièrement leur condamnation. En France, on ne « tire » que la moitié de sa peine. Aux États-Unis, les trois quarts. Et tous les experts s'accordent à dire que la délinquance, là-bas, est mieux maîtrisée que chez nous. (...) L'un de mes agresseurs était mineur quand il a commis son premier délit. Il purge toujours sa peine, mais il est fort probable que celle-ci sera écourtée, pour peu qu'il fasse preuve d'un « comportement exemplaire » en prison. Cas classique, qui m'effraie. Aussi bien pour moi que pour les autres victimes potentielles. Faut-il le hurler? Sauf exception, que j'appelle de mes voeux, mais sans y croire, il recommencera. Ne pas regarder ça en face représente une insulte lancée au visage de ceux qui ont souffert, de ceux qui peuvent souffrir demain."

Enquête dérangeante d’une femme courageuse, pavé dans la mare à l’heure où le débat fait rage, Cynthia Sardou a choisi, au-delà des abus sexuels, de mettre son épreuve passée — et sa notoriété — au service de la lutte contre toutes les formes de récidive. Dans ce livre, elle prend sa vie en main et dit aux victimes : " Levez-vous ! ". Ce livre est son " J'accuse ".