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Récidive : les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité

On a beau leur dire et leur répéter que la récidive sexuelle tourne autour de 2,7 %, les français confusément sont inquiets et ont du mal à le croire. Et pour cause ! Chez nos voisins européens ce taux tourne entre 20 et 30 %. Quel heureux hasard fait que la France serait épargnée ?

L’explication est simple. Le taux de la récidive français est très sous-estimé car la définition même de récidive légale, très restrictive, exclut plusieurs catégories de criminels :

1° tous les agresseurs sexuels qui ont commis le même crime ou délit sexuel avant 1984, ne sont pas considérés comme récidiviste s’ils recommencent. Or les études, notamment au Canada, montre que le taux de récidive est plus important dans les 15 ans après le premier crime ou délit que dans les 5 ans qui suivent.

2° Beaucoup de viols sont requalifiés en agression sexuelle dans un but compréhensible : accélérer le cours de la justice. Explication : les viols sont des crimes passibles de la cour d’assises mais ces dernières, très encombrées, sont lentes à rendre la justice. Par conséquent, lorsqu’un violeur a été jugé pour un viol requalifié en agression, et qu’il commet à nouveau un viol qui cette fois sera jugé en cour d’assises, il ne rentrera pas dans les chiffres de la récidive. Aux yeux de la loi, il n’est pas récidiviste au sens de la définition légale car il ne s’agit pas du même crime.

3° le chiffre officiel de la récidive légale ne prend en compte aucun acte de violence sexuelle en dehors des viols. C’est le cas notamment des attouchements sur mineurs ou majeurs, qui ne rentrent pas dans les statistiques, malgré le traumatisme qu’ils peuvent causer.

A l’étranger les statistiques tiennent davantage compte de la notion de récidive communément admise au sens de réitération. Il s’agit là – une fois encore – d’une exception française qui hélas cherche à cacher une triste réalité.

Pour une analyse complète des chiffres officiels de la récidive, on peut consulter cette note de l'Institut pour la Justice.