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Un malade mental récidive - Que fait la psychiatrie ?

Depuis sa création, l’Institut pour la Justice est mobilisé pour une protection juste et équilibrée de tous les citoyens.

Une fois de plus, malheureusement, l’actualité montre à quel point son action est nécessaire.

Le week-end dernier, alors que tout indiquait qu’il était profondément dangereux, un malade mental nommé David G. H. a, d'après la presse :

  • Tué à coups de couteaux un jeune retraité sans histoire
  • Poignardé à la gorge un voisin venu lui porter secours, qui est passé à deux doigts de la mort
  • Attaqué l’épouse de ce voisin, qui a été blessée à l’épaule

Ce drame n’est pas dû à la « faute à pas de chance » : il aurait pu et dû être évité.

L'homme aurait dû se trouver en hôpital psychiatrique plutôt qu’en liberté :

  • Déjà en 2004, David G. H. avait gazé le gardien de son immeuble avec une bombe lacrymogène et mis le feu aux haies de la résidence. Extrêmement inquiet, le gardien avait alors averti – sans résultat – le procureur et le maire de la dangerosité de cet homme.
  • Quelques mois plus tard, David G.H l’avait lardé de 18 coups de couteaux. La victime n’avait survécu que par miracle, après 10 jours de coma et non sans de lourdes séquelles.

L’agresseur, reconnu fou et donc irresponsable pénalement, a été interné en hôpital psychiatrique.

Mais, en France, les malades mentaux sont rarement internés plus de quelques années, même lorsqu’ils sont dangereux pour la société.

Dernier exemple en date, le psychotique Jean-Pierre Guillaud, qui a tragiquement assassiné un étudiant dans les rues de Grenoble en novembre 2008. Il avait déjà commis trois agressions du même type, la dernière en 2006. En 2008, il avait à nouveau été relâché par l’hôpital.

De même, David G. H. était à nouveau en liberté moins de 30 mois après sa tentative de meurtre.

Une fois dehors, son comportement était tellement menaçant que son ancienne victime a alerté les autorités par lettres recommandées :

"Mon agresseur est dehors et revient sur les lieux de son massacre, ce qui me fait craindre le pire".

Mais cela n’a pas suffi. Et samedi soir dernier, une vie humaine a été fauchée.

Pourquoi ? Parce que l’idéologie d’une partie de la psychiatrie française est la libération du patient coûte que coûte, et le plus tôt possible, quel que soit le danger posé à la société.

L’un de ces « pontes », le professeur Pierre Lamothe, l’avait expliqué au journal Le Parisien (26/10/09) : selon lui, en matière de remise en liberté des criminels ou des malades mentaux, « il est essentiel de prendre des risques » !

Si rien n’est fait, il est donc malheureusement certain que David G. H. sortira dans quelques dizaines de mois de son hôpital et fera de nouvelles victimes !

Pour éviter de prochains drames, l’Institut pour la Justice demande au gouvernement :

- L’interdiction de sortie des malades mentaux hospitalisés d’office tant qu’ils présentent un risque modéré ou fort pour la société. Lorsqu’il y a doute, il doit profiter à la société.

- Une réelle sécurisation des hôpitaux psychiatriques, qui sont trop souvent ouverts à tous les vents, et offrent aux patients de multiples possibilités de fuguer.

Il ne s’agit évidemment pas de stigmatiser les malades mentaux. L’objectif est au contraire de protéger leur dignité, car c’est le pire service à leur rendre que de les laisser seuls avec leur souffrance, dangereux et incontrôlables.


Pour faire avancer ces deux réformes, l’Institut pour la Justice (IPJ) agit depuis de nombreux mois sans relâche :

1. Il a donné la parole à des victimes de malades mentaux dangereux, pour que le drame qui les a touchées ne tombe pas dans l’oubli et qu’il constitue le révélateur des dysfonctionnements du système :

- François Boiron, parrain de l’Institut pour la Justice, a ainsi témoigné du meurtre de sa fille Charlotte par un psychotique
- Michel Trabuc a expliqué comment son père, Germain, a été tué par un schizophrène interné trois ans plus tôt pour une tentative d’assassinat et d’incendie volontaire

2. Il a réuni les meilleurs experts pour travailler à une réforme de la psychiatrie. Cela a donné lieu à plusieurs publications majeures dont :

- Un entretien avec le psychiatre Frédérique Giacomoni sur la prise en charge des malades mentaux dangereux
- Une étude du docteur Jean-Pierre Bouchard sur la réforme de l’expertise psychiatrique judiciaire

3. Il a sensibilisé les responsables politiques sur le sujet. Au ministère de la Justice et devant de nombreux parlementaires, l’IPJ a défendu l’amélioration de l’expertise psychiatrique.

Mercredi dernier (6 janvier), les représentants de l'Institut pour la Justice ont été reçus par le président de la Commission des lois du Sénat. Il leur a promis que l'IPJ sera spécifiquement auditionné sur cette question de la prise en charge des malades mentaux dangereux.

L’action de l'Institut pour la Justice commence à porter ses fruits. Mais son succès passe par le soutien et la mobilisation de tous ceux qui refusent la fatalité.