Revue de presse
10/2009 | Revue de presse
Interview de Michèle Alliot-Marie dans le Figaro Magazine
La Garde des Sceaux, interrogée par MM. Brézet et Dingreville, et par Dominique Rizet, a notamment présenté ses propositions pour lutter contre la récidive.
Voici les extraits les plus significatifs sur ce thème (l'intégral ici) :
Le Figaro Magazine - En dépit des lois successives, l'opinion est régulièrement émue par de nouveaux cas de récidive, notamment en matière sexuelle. Quelle est votre réponse ?
Michèle Alliot-Marie - Toute récidive correspond à un double échec. (…) D'où les législations successives en la matière. La dernière date de deux ans. C'est la loi sur la rétention de sûreté. Elle concerne les criminels les plus dangereux, condamnés à plus de quinze ans. Désormais ils pourront, s'ils représentent encore un danger trop important pour la société, être maintenus enfermés même après la fin de la peine.
Le problème, aujourd'hui, est de savoir ce que l'on fait pour ceux qui, sans avoir ce niveau de dangerosité, présentent néanmoins un risque important de récidive, notamment en matière sexuelle. (…)
Quelles nouvelles mesures envisagez-vous ?
Je veux d'abord que les délinquants sexuels soient soumis à une interdiction formelle de résider près du lieu d'habitation de leur victime, pour une durée que fixeront les magistrats. C'est intolérable pour les victimes et leur famille de croiser au coin de la rue celui qui a brisé leur vie ! (…) Je veux aller plus loin en en faisant une peine complémentaire automatique : la condamnation pour agression sexuelle entraînerait interdiction de séjour, sauf avis contraire et motivé du juge. (…)
Le président de la République a évoqué la possibilité d'un traitement chimique pour les délinquants sexuels. Allez-vous légiférer aussi dans cette direction ?
Oui. Il faut que les auteurs d'atteintes sexuelles puissent être soumis, après la fin de l'exécution de leur peine, à une obligation de suivi médical, et notamment à un traitement médical de leur libido. (…) Demain, si la loi est votée, le traitement pourra être imposé après la sortie de prison. Cette obligation de traitement sera décidée par le juge pour une période déterminée, en accord avec des experts et des médecins, sur la base de dossiers complets.

