Thème : Application des peinesApplication des peines

Par le jeu des aménagements et des réductions de peine, l’écart s’est considérablement creusé entre la peine prononcée et la peine réellement exécutée. Or la vocation d’une peine n’est-elle pas d’être exécutée ? Les mesures de suivi ou de surveillance, très utiles, ne doivent-il pas avoir lieu après la peine et non à mi-peine ?

Pour que les peines soient appliquées, les poursuites doivent être rendues possibles. C’est pourquoi il convient de réfléchir au relèvement des seuils de la prescription.

Application des peines
  • Corinne Colin

    Corinne Colin a vécu une histoire incroyable à cause d'une erreur de la Justice. Elle est restée prisonnière de son passé pendant 20 ans alors que son agresseur était libre.

    Corinne Colin a été violée et prostituée par son beau-père, Daniel Gobet, dès l'âge de 8 ans et ce jusqu'à 14 ans. En 1988, son agresseur est arrêté mais remis en liberté après 8 mois de détention préventive pour " raisons de santé". Le magistrat chargé de l'affaire, Marie-Anne Gonnel, justifiera sa décision quelques années plus tard en précisant " qu'il est arrivé sur un brancard". Les vrais motifs de sa libération ne figurent pas dans le dossier, et le magistrat n'en a aucun souvenir... Daniel Gobet en profite pour disparaître. Les recherches restent vaines alors qu'il vit en toute liberté à moins de 100 kilomètres de sa victime !

    En 1992, il est jugé par contumace pour viol en réunion et condamné à 20 ans de réclusion. La cavale de Daniel Gobet durera presque 20 ans ! Le 17 septembre 2007, il se livre à la justice pour "régler cette affaire", convaincu que les faits sont prescrits. Il ignore, en réalité, qu'il a été condamné en 1992 et que la prescription ne se sera acquise qu’en 2012. L'année dernière, Daniel Gobet est condamné à 14 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de l'Essonne, pour viol, complicité de viol en réunion et abus sexuel sur mineurs. Il est enfin incarcéré. Corinne Colin a vécu toutes ces longues années dans la crainte de voir surgir son agresseur, prisonnière de son angoisse, pendant que son agresseur, lui, se construisait, en toute impunité, une nouvelle vie. Aujourd’hui elle en demande réparation à la Justice.

    Corinne Colin a, récemment, crée une association à l'écoute des victimes d'abus sexuels « vaincre le silence » et a souhaité s'investir davantage. Elle rejoint notre collectif des victimes et apporte son témoignage.

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  • Philippe Schmitt

    Portrait de Philippe Schmitt

    Entretien avec Philippe Schmitt, père d’Anne-Lorraine, assassinée dans le RER, le 25 novembre 2007 et président du Comité de parrainage de l’Institut pour la Justice.

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